Interview
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Des compétences à valoriser. Gauthier

Gauthier, 23 ans, est étudiant en 2e année de master LOPHISS. Il vient de passer 6 mois à l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire en tant que stagiaire.

Après deux années de CPGE, Gauthier a intégré une école d’ingénieur et s'est spécialisé en mathématiques appliquées puis en génie nucléaire. L’énergie nucléaire civile étant un sujet extrêmement riche techniquement, socialement et philosophiquement, il a choisi après son stage de fin d’études d’ingénieur au CEA (sur les alliages métalliques sous irradiation), de s’orienter vers un cursus au carrefour des sciences humaines et des sciences exactes, en s’intéressant particulièrement au problème du risque nucléaire. Il effectue actuellement son stage au Laboratoire en Sciences Humaines et Sociales de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) et travaille au sein d’un projet dit « post-Fukushima », dans lequel il cherche à décrire le paysage de la « contre-expertise » du nucléaire, suite à l’accident. Parallèlement à tout cela, il réalise son mémoire sur la question des événements rares dans la sûreté nucléaire et a trouvé quelques minutes pour décrire son expérience de stagiaire.

 

Comment avez-vous trouvé votre stage ?
Ayant une formation d’ingénieur en énergie électronucléaire, j’avais une connaissance basique des différentes institutions impliquées dans cette industrie. J’ai donc regardé plus en détail les laboratoires et les thématiques de travail de l’IRSN, qui est l’expert public de référence concernant les questions techniques de recherche et d’expertise sur la sûreté nucléaire et la radioprotection, et j’ai déposé une candidature spontanée en envoyant un mail directement à ma tutrice actuelle.

 

Comment s'est déroulé votre stage ?
Ce stage s’est déroulé on ne peut mieux. L’intégration dans l’équipe a été remarquablement facile et je m’entends très bien avec ma tutrice avec qui j’ai de nombreuses discussions scientifiques et informelles. Aussi, les missions qui me sont confiées sont riches, variées et passionnantes, allant de l’étude bibliographique d’ouvrages brillants à la conduite d’entretiens avec des experts débordant de connaissances sur le sujet d’étude.

 

Avez-vous atteint les compétences visées (mentionnées dans la convention de stage) ?
J’ai non seulement atteint les compétences visées dans la convention, mais j’en ai acquis bien d’autres ! J’ai pu avoir, en plus des outils nécessaires pour mon sujet d’étude même, un aperçu beaucoup plus global de la sphère nucléaire, et notamment de ses acteurs, son histoire, ses procédures, ses non-dits, ses méthodes, ses problèmes et de ses enjeux, que ma formation technique d’ingénieur ne m’avait pas permis d’appréhender de manière aussi complète.

 

Quels sont les enseignements que vous avez le plus sollicités durant votre stage ?
J’ai autant sollicité les enseignements théoriques et pratiques de sociologie des sciences et de STS (grands auteurs, courants de pensée, concepts, méthodes…) que ma base technique d’ingénierie mathématique et nucléaire. J’utilise alors mes deux formations pour étudier plus en détail les décisions scientifiques en examinant leurs présupposés, leur signification et leurs conséquences.

 

Etes-vous satisfait de votre stage ? Le recommanderiez-vous à un ami ?
Je suis extrêmement satisfait de mon stage. Le nucléaire est un sujet passionnant, riche, et plein d’enjeux techniques et de société, et je pense qu’il est important d’avoir un aperçu socio-historique des questions soulevées et des orientations choisies par cette industrie. Je recommanderais ce stage à ceux qui s’intéressent aux risques technologiques et à leur réglementation dans un contexte international très tendu. Une expérience incroyablement enrichissante !

 

 

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